Fidélisation et contrat de lecture

Publié le par Ben

Dans la lettre d'information Magazines du 31 juillet 2008 (Lettre d'information de la presse magazine), l'éditorial de J-F Barbier-Bouvet traite du contrat de lecture. Le contrat de lecture, selon l'auteur,  est « ce qui fait que quand j'ai fini de lire mon journal, je ne suis pas seulement content de l'avoir lu, je suis en manque du suivant. »

 

Au premier abord, la question du contrat de lecture ne semble pas concerner la problématique internet. Le web 2.0, la participation et la collaboration, le nombre de blog, d'outils de gestion de contenu, le moteur de recherche comme entrée principale du canal loisir et contenu informationnel sur Internet, ainsi qu'un nombre important de sites internet sur des thèmes précis laissent perplexes quant à la question de la fidelisation du lecteur à un seul ou quelques webzines.

 

L'avantage de la presse, spécialisée ou généraliste, est d'avoir une ligne éditoriale, une mise en page et une mise en cohérence de son contenu déterminée par magazine. Une façon de traiter son contenu qui lui est propre d'une certaine manière... Et le lecteur a donc ses habitudes dans son magazines, comme nous avons nos propres habitudes chez nous ou dans un endroit donné : on s'y balade en connaissant les lieux, nos repères y sont déjà déterminés.

 

Le lectorat d'un magazine déterminé, c'est aussi du pain béni pour les publicitaires et marketeurs. Une cible déjà déterminée selon les magazines, de la classe sociale aux intérêts. Autre avantage du magazine en termes marketing, celui de «l'ergonomie », de la manipulation du produit lui même : le niveau d'attention à une pub n'est pas la même entre un bandeau publicitaire sur une page web et une publicité pleine page dans un magazine (qui plus est ayant plus de chances de nous toucher car rentrant généralement dans le cadre éditorial mais aussi par rapport à notre situation sociale, culturelle et économique)

 

Magazines parle de l'internet, finalement dans des aspects que nous venons d'évoquer : Si le lecteur se rend sur un site par rapport à une recherche définies et non par rapport au site lui même dans lesquels il a ses habitudes de consommation de contenu, alors là, effectivement, la question du contrat de lecture est nullement applicable. Et si l'intérêt pour un site déterminé précède le mot clé recherché, la question du contrat de lecture reste tout de même difficile.

 

On pourrait penser à Mashable ou à Techcrunch, des « blogs » qui connaissent un public ciblé et fidèle, ou bien à certains autres blogs qui fidèlisent autour de thématiques peut être plus généralistes, mais qui connaissent des adeptes qui attendent leur mise à jour avec impatience. Pour ces derniers, les problèmes sont ceux de la cible, mais aussi de l'audience. Mais surtout, ils restent affiliés à des régies publicitaire, publicités certes contextuelles, mais dont la mise en avant  dans la charte graphique est faite par des nons – professionnels. (Bien sur la majorité de ces blogs ne respectent pas vraiment une cohérence éditoriale par rapport à la thématique)

 

Pourtant, on doit y arriver.

 

Deux éléments essentiels sont déjà pris en compte par les sites  de contenu : l'optimisation des revenus publicitaires et du referencement. Il est connu et conseillé d'avoir un site thématique avec une cohérence éditoriale. Un site qui traite de cuisine doit traiter exclusivement de cuisine. Un blog cuisine, pour être bien référencé et espérer accroître ses revenus publicitaires, ne doit pas comporter trop d'éléments de la vie privée de son auteur (Pas du tout serait le mieux).

 

La cohérence éditoriale est une chose, la seconde est celle de la régularité de la mise à jour du site et le nombre d'article publiés. Mais aussi, il est possible pour un site d'avoir ses lecteurs fidèles : un contenu bien structuré, un édito régulier et une facilité d'accès aux rubriques sont des éléments qui donne un sentiment d'une vie interne du site internet, première chose, et agréable à visiter et à revisiter pour la deuxième.

 

Une publicité pas trop intrusive, un bandeau large mais qui reste dans une partie précise du site sans s'en dégager (comme cette tendance au bandeaux qui prennent une grande partie de la page pour reprendre leur format initial après, gênant beaucoup la lecture d'un article) peut être optimisé si la cohérence éditoriale et l'ergonomie du site sont respectés, et pourquoi pas, même si il existe de plus en plus d'agregateurs et d'applications web 2.0, penser qu'un contrat de lecture entre un lecteur et un site internet est possible.

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